Parcours de soins (Coordination & Prévention)

DiGi'Health Days 2026 : Comment les assistants numériques peuvent-ils contribuer à augmenter votre pratique ?

Parcours de soins (Coordination & Prévention), par Dr Benoît Lequeux & Dr Nicolas Néaume

Transcription de la vidéo

Benoît Lequeux, bonjour. Donc vous êtes cardiologue, vous êtes membre de la Société Française de Cardiologie qui travaille beaucoup sur ces sujets d'IA, notamment à travers le Cercle IA de la SFC.

On va regarder avec vous ce qui est déjà suffisamment mûr pour changer réellement la pratique. Vous avez une spécialité exigeante avec aussi beaucoup de données. Quels usages vous paraissent aujourd'hui suffisamment robustes pour être considérés non plus comme des démonstrations, mais comme des vrais leviers cliniques ?

Bonsoir, merci de l'invitation. Et en effet, alors la cardiologie a une spécialité qui est très technique avec beaucoup de data, on va en parler. Donc c'est pour ça, en fait, en effet, que la Société Française de Cardiologie a créé un cercle d'intelligence artificielle pour s'intéresser au sujet.

Donc il y a plusieurs sociétés savantes. Et le cercle est assez récent, il date d'octobre 2024 et, on n'a pas eu de formation. On va en parler un petit peu, justement, parce qu'on s'est intéressé à ce sujet. Et d'ailleurs, vous savez que le, la formation, les médecins vont devoir être certifiés. La certification périodique, ça y est, c'est acté. Et donc tout médecin devra passer une certification pour exercer. La deadline, c'est le 1er janvier 2032. Donc je pense que la formation, on va beaucoup en parler et l'intelligence artificielle va clairement faire partie.

Alors, on va parler un peu pratique. On a posé un petit peu le décor sur les différentes interventions que, que vous avez eues. Et moi, je vais vous parler un petit peu de mon utilisation en fait quotidienne parce qu'à chaque fois, on me pose des questions, on me parle beaucoup d'intelligence artificielle, mais au quotidien, finalement, est-ce que tu t'en sers, etc. ? En pratique, comment tu t'en sers ?

Donc moi, je vais vous montrer des cas d'usage que j'utilise en pratique. Notamment, vous voyez, le premier item, c'est l'aide à la rédaction. Et là, je pense que vraiment, pour nous, en cardiologie, on a beaucoup d'examens et notamment, on fait par exemple de l'échographie cardiaque avec beaucoup de données dessus. Et ben en fait, c'est très long de faire un compte-rendu formalisé, etc. Et on commence à avoir des outils, alors soit personnels, moi, j'utilise des outils personnels, mais il y a d'autres outils qui commencent à arriver. On va avoir des outils qui vont aider à la rédaction de compte-rendus.

Et là, encore une fois, c'est une diminution de la charge mentale très clairement. Parce que faire un compte-rendu, nous, on préfère avoir une interaction avec le patient, parler avec le patient. Parler de choses techniques avec le patient, c'est pas intéressant en soi. Et donc si on peut gagner du temps justement sur l'aide à la rédaction de ces compte-rendus-là, que ça soit l'échographie, mais d'autres choses, la polygraphie ventilatoire, l'électrocardiogramme, c'est vraiment intéressant.

Et là, on a vraiment un gain de temps énorme. Et moi, en consultation, je gagne beaucoup de temps, justement. Et l'intérêt, ben c'est que le patient ressort avec son compte-rendu. On n'est pas obligé de passer par différentes étapes de secrétariat, renvoyer. Le patient, à la fin de sa consultation, sort avec son compte-rendu. Donc ça, c'est vraiment important.

La deuxième chose, en pratique, c'est l'aide à la décision. Alors l'aide à la décision et on a beaucoup de recommandations également en cardiologie puisqu'on dénombre sur la Société européenne de cardiologie plus de trente recommandations. Donc chacun a ses spécificités en médecine. Moi, je suis pas spécialiste forcément d'une pathologie particulière. Donc aller chercher l'information précise, c'est très long.

Et donc utiliser ces systèmes d'aide à la décision qui sont en fait des systèmes déjà d'aller chercher, piocher l'information de façon précise, mais en étant sûr de l'information. Et là, c'est, c'est le problème de la data. On parlait de la data et la Société Française de Cardiologie, par son cercle IA, la première chose qu'elle a fait sur le cercle, c'est de créer un corpus de data utilisable, validé par les pairs et validé par la Société Française de Cardiologie.

À savoir qu'on veut utiliser un certain niveau de data prouvée scientifiquement pour s'appuyer dessus et après, on utilise différents systèmes, que ça soit les RAG, etc. Ça, c'est un petit peu technique, mais en tout cas, on est sûr d'aller piocher la bonne data, mais qui est validée par la Société Française de Cardiologie. Et ça, je pense que c'est important parce que dans les décisions qu'on va prendre, en fait, il ne faut pas avoir une source qui soit un petit peu exotique. Donc ça, c'est important.

Donc là, en l'occurrence, moi, je me sers, on parle de pratique . On a de la chance, la Société Européenne de Cardiologie propose un chat. J'utilise, sans faire de pub, d'autres tchats qui me permettent d'injecter des documents PDF et de contrôler en fait la data que j'utilise. Ça, c'est pareil, c'est un énorme gain de temps. C'est-à-dire qu'en consultation, je me souviens plus de certains critères sur des valvulopathies, etc. Je vais chercher l'information et surtout aller la sourcer. Je sais où aller la piocher et je sais quelle recommandation. Donc ça, c'est important parce que je contrôle la data et ça, c'est vraiment, c'est le message important, c'est d'avoir le sourcing de l'information. Ça, c'est vraiment quelque chose d'important.

On va parler un petit peu de l'électrocardiogramme. Vous savez que c'est le pain quotidien du, du médecin. Et en fait commencent à sortir des modèles, ce qu'on appelle de fondation. Donc là, on est sur d'énormes volumes de données. Ces données viennent du monde entier et ça, c'est important, le message à passer, parce que quand vous avez des comment, des articles ou des équipes qui travaillent, par exemple au Japon, etc. Qu'est-ce qui dit que le modèle, en fait, qui a été créé d'intelligence artificielle au Japon fonctionne aussi bien en Europe ou aux États-Unis ?

Bien ces modèles de fondation, justement, sont des modèles généralistes, globaux qui permettent d'avoir une assurance qu'ils vont marcher quasiment sur toutes les populations. Mais encore faut-il le prouver. Et ça, c'est ce qu'on disait tout à l'heure, c'est l'évaluation et l'évaluation en vraie vie. Parce que la problématique qu'on va avoir, c'est, ces modèles-là, ils vont nous aider à la décision, mais est-ce qu'elle va être bonne ?

Par exemple, je vais prendre un exemple. Sur ces modèles de fondation, on a typiquement la prédiction de faire une arythmie cardiaque, une fibrillation auriculaire, à cinq ans. Est-ce qu'on est sûr que le modèle marche bien quand je vais faire un électrocardiogramme chez tel ou tel patient, etc. ? Et ben ça, il va falloir des études quand même pour le montrer, des études prospectives, etc., de vraie vie. Et ça, ce n'est pas encore fait. Donc, on est, voilà, on est encore un petit peu méfiant sur ces modèles. Il va falloir les tester. Je pense que c'est le rôle des sociétés savantes de les évaluer et on est en fait sur ce sujet.

Sur la prédiction, du parcours d'insuffisance cardiaque, ça, on en a parlé un petit peu. Alors ça va, ça sort un petit peu du domaine de la cardiologie libérale, mais c'est le parcours. On a un gros problème. Je vais vous donner un exemple, c'est l'insuffisance cardiaque. En fait, on a un patient qui peut rentrer aux urgences générales ou aux urgences cardiologiques ou à un secteur différent, en fait, dans l'hôpital. Et on a des problèmes d'identification.

Et là, on en parlait un petit peu tout à l'heure, analyser les parcours et identifier par les techniques d'intelligence artificielle ces patients qu'on aurait loupés, qui vont ressortir et qui n'auront pas vu, là, en l'occurrence, un cardiologue, ça va être complètement game changer parce qu'on va vraiment avoir justement, le parcours du patient et attraper le patient alors qu'il serait sorti et revenu à l'hôpital. Donc ça, c'est des choses qui sont en train de se mettre en place.

Donc on l'a dit, réduction de la charge cognitive. Moi, je le vois très clairement en pratique quotidienne. On a des consultations qui sont de plus en plus rapides, de plus en plus de monde. Donc c'est vraiment du pratique. l'IA me fait gagner vraiment un gain cognitif sur ma consultation. Je me concentre sur le patient et tout ce qui est aspect technique me fait gagner énormément de temps. Et ça, c'est vraiment la pratique.

ça me permet de sortir des examens standardisés. L'IA, au lieu d'écrire à la main et oublier certains éléments, etc. Là, l'IA va me standardiser le document. Donc, j'aurai un document qui sera aux normes HAS, aux normes de la Société Française de Cardiologie. On en a parlé, accès immédiat aux recommandations. Donc détecter les ruptures de parcours, bah c'est justement, en effet, identifier des patients qui sont passés un peu à travers les mailles du filet, mais qu'on ré-attrape avec l'intelligence artificielle.

Et donc le gain, il est vraiment alors temporel. Il y a des études sur les assistants, les scribes enfin, qui aident à la consultation. Sur des études qui sont parues dans le JAMAIN en fin d'année. En fait, ça fait gagner un petit peu de temps. Donc on gagne un petit peu de temps, en effet. Mais par contre, c'est vraiment sur la charge cognitive et la charge émotionnelle où là, on gagne vraiment. Et ça, je pense, c'est vraiment important. C'est-à-dire, on va se focus sur le patient, on va discuter avec le patient.

Alors nous, en cardiologie, on a encore des petits progrès à faire. On a un métier qui est très technique, avec beaucoup d'examens complémentaires. On est sur une consultation qui est, qui peut être complexe, avec toute une historique aussi à reprendre. Comment on intègre ça dans les scribes, etc. C'est, c'est quelque chose qui n'est pas Ça vient. Je vois le progrès qui a été fait en un an. Parce que je fais partie, au niveau du CHU de Poitiers, justement d'évaluation de différents outils et je vois la progression. Mais sur des métiers techniques, c'est, encore en progression.

Donc validation clinique, j'en ai parlé en effet, parce que c'est bien beau d'avoir tous ces modèles, etc. Mais encore faut-il être sûr qu'ils marchent bien sur nos populations et nos populations spécifiques.

Donc la formation, voilà, on en a parlé, c'est une pierre angulaire, ça c'est clair. Et donc, je pense qu'il va être important en effet d'avoir cette formation pour différentes raisons.

On a parlé des hallucinations tout à l'heure. Les hallucinations, elles peuvent être à différents niveaux, c'est-à-dire que ça--vous pouvez avoir des hallucinations qui sont liées aux data. La data est mauvaise, donc en sortie, vous allez avoir une sortie qui va être mauvaise. Vous pouvez avoir des hallucinations qui sont liées à la création des modèles. Donc ça, c'est aux data scientistes de faire leur travail pour avoir de bons modèles. Et le dernier cas d'hallucination, c'est les hallucinations liées à l'inférence, et c'est-à-dire l'interaction avec l'intelligence artificielle. Donc, si vous ne savez pas correctement interagir avec une intelligence artificielle générative, vous allez potentiellement avoir des risques d'hallucinations.

Après, la deuxième chose importante, et ça, c'est un message à passer à tous ceux qui nous écoutent : n'utilisez pas des IA génératives grand public avec des data de santé. Pourquoi ? Parce qu'il y a des techniques, notamment ce qu'on appelle le prompt injection, qui sont capables d'aller récupérer les données d'entraînement de façon pas forcément très simple, mais vous pouvez récupérer, imaginons, vous avez un patient qui a mis le compte-rendu du docteur Lequeux dans ChatGPT, je peux avoir mon nom qui réapparaît dans ChatGPT parce que le modèle s'est entraîné avec. Moi, j'ai beaucoup de doutes sur le fait que ces grandes IA génératives n'utilisent pas les data qu'on leur injecte. Donc, j'aurai la plus grande prudence en tout cas. Donc attention, en tout cas sur ces IA, vous allez avoir des IA qui vont être souveraines proposées. Doctolib en propose, etc. Il y a d'autres prestataires, etc. qui en proposent, mais n'utilisez surtout pas ces IA génératives grand public puisqu'on peut récupérer potentiellement. Et là, il y a un gros problème de sécurité en utilisation.

Et puis la dernière chose, c'est, je pense et j'espère qu'on gardera la responsabilité, par rapport à cet outil et pour moi, c'est un outil. Je suis un geek, Lionel, vous le savez, depuis très longtemps. L'informatique a été un outil. L'intelligence artificielle doit rester un outil et donc on doit garder cette responsabilité et avoir confiance en cet outil. Et donc c'est tout ce qui est aspect formation et validation scientifique de tous ces outils qui fait que dans notre pratique, on commence à le voir apparaître et qu'on l'aura de plus en plus dans le futur.

Merci beaucoup Benoît Lequeux. Effectivement, c'est très clair. Alors malheureusement, le temps tournant, je vais passer la parole au docteur Néaume, mais c'est très fort de ce que vous décrivez. C'est-à-dire que on a beaucoup parlé de gain de temps, de vitesse, mais le gain cognitif aussi est une réalité. Cette exhaustivité et ce gain d'organisation qu'on peut obtenir grâce aux IA.

Quand on a préparé avec vous, docteur Néaume, vous m'avez parlé aussi de ces aspects-là, puisque dans votre spécialité aussi, vous êtes confronté à beaucoup de recommandations, à beaucoup de choix possibles. Et la peur d'oublier quelque chose dans des journées qui sont parfois très chargées est une réalité. Comment vous intégrez, vous, aujourd'hui, ces assistants numériques dans votre pratique et sans jamais non plus tomber dans une surconfiance naïve par rapport à eux ?

Merci Lionel. Je vous remercie pour cette invitation et je vais vous parler un peu comment, au sein d'un cabinet d'angiologie, on peut se servir de façon simple mais efficace de l'intelligence artificielle.

Un angiologue, c'est un médecin dont le travail essentiel, on a un prolongement de notre main droite qui est la sonde d'échographie. On fait du diagnostic échographique comme des radiologues, mais également, on prend en charge le patient avec toute la, pathologie qui va être derrière et sur lesquels on va devoir traiter.

En fait, notre problématique, c'est effectivement, on a des guidelines dans tous les sens, européennes, nord-américaines en fait, sur lesquelles il faut qu'on interagisse avec résultat. Donc moi, j'ai utilisé depuis quelques années l'IA. Dans un premier temps, on a standardisé les comptes-rendus echo-Doppler en, demandant à l'IA, en prenant les codifications de la classification commune des actes médicaux. Et ça nous rend un compte-rendu type. C'est déjà la première chose qui fait qu'à chaque fois, on rend un compte-rendu toujours fait sur la même trame.

La seconde partie du travail, c'est on fait notre échographie et là, c'est assez simple, on fait notre échographie et puis on prend ce résultat, c'est-à-dire qu'on fait notre description de l'échographie, on rentre ça dans le compte rendu et on a deux solutions où c'est un compte rendu très simple, efficace, donc là, on n'a pas spécialement besoin de l'IA, on va continuer pareil.

Mais on peut être confronté, notamment dans la pathologie artérielle, où on a des gens multi-stentés avec des pathologies un peu dans tous les sens, transversales, diabétiques et autres. Là, on va prendre le compte rendu avec les antécédents, le traitement du patient et ce qu'on a trouvé. Et ça, on le met dans l'intelligence artificielle. Intelligence artificielle qu'on a codifiée puisque à l'avance, on a mis à l'intérieur de l'outil toutes les guidelines et on empêche l'intelligence artificielle d'aller lire ailleurs. On lui demande juste de lire les guidelines.

Et avec ça, ce qui est extraordinaire, et elle nous fait en trois secondes, elle peut nous sortir derrière toute la conduite, la prise en charge qui va du traitement à l'activité physique, à la surveillance, à l'adressage à un confrère parce qu'il va falloir l'opérer ou autre.

Donc pour nous, c'est un gain de temps, c'est reposant. Ça nous aide vraiment dans notre travail de tous les jours. Ça, c'est la première chose qu'on fait avec l'IA. Après, dans notre clinique, on est plusieurs professionnels à travailler fatalement ensemble, que ce soit les chirurgiens cardiaques, les cardiologues les radiologues, les angiologues. On fait des réunions multidisciplinaires. Et là aussi, on se sert énormément, de plus en plus de l'IA. Là, on fait comme tout à l'heure dans le principe Doctoblic. On enregistre la discussion, bien entendu totalement anonymisée. Il n'y a jamais le nom du patient.

De la même façon, l'IA est remplie par toutes les guidelines et en fait, au fur et à mesure de la discussion, l'IA est capable de complètement analyser tout ce qu'on dit. C'est assez extraordinaire. En sortant complètement les phrases qui n'ont rien à voir avec la médecine, en se concentrant totalement sur la pathologie du patient. Et au bout, c'est moi qui m'en occupe. On discute, on donne notre diagnostic, s'il faut opérer tel monsieur ou telle madame, si au contraire, on va rester sur une surveillance compagnie et on compare avec ce que nous donne l'intelligence artificielle.

C'est très intéressant. La plupart du temps, on est effectivement dans le même profil, il n'y a pas trop de différence. Mais régulièrement, l'intelligence artificielle nous amène des petits points qu'on n'aurait peut-être pas ressortis malgré le fait qu'on soit dix médecins réunis. Elle nous dit : Ah, attention, chez ce patient, peut-être qu'il faut aller un peu plus vers là. Donc ça aussi, c'est une chose, je pense aujourd'hui, à prendre en compte et très intéressante dans nos discussions confraternelles entre médecins. On peut faire la même chose de plus en plus dans les cliniques, il y a des parcours de soins dans les hôpitaux de jour.

Nous, on a par exemple un parcours de soins sur la dysérection. Très intéressant, car vous savez que c'est un signe prédictif, notamment d'infarctus du myocarde. Et la dysérection est toujours une pathologie assez difficile. Quelle est la part psychogène ? Quelle est la part réelle, métabolique ? Et donc, ce sont des patients qui sont vus sur une demi-journée où ils vont voir l'urologue, l'angiologue, le cardiologue, la psychologue, Le diététicien. Et là aussi, ça, c'est intéressant parce que là, vous mettez tous les résultats de tous les confrères qu'il a vus et l'IA vous fait une synthèse extraordinaire en deux minutes. Quand vous passiez avant dix minutes, un quart d'heure, vingt minutes à faire la même chose. Mais c'est un gain de temps, une diminution pour notre charge mentale et c'est vraiment un outil très intéressant pour tous les parcours de soins. Et je pense que ça peut s'adapter à tous les parcours de soins, quels qu'ils soient, dans une clinique ou dans les hôpitaux.

La troisième chose dont on se sert, on fait beaucoup de recherches, c'est dans la recherche. Ça devient très intéressant, notamment dans la veille bibliographique. Je me souviens quand j'étais jeune interne, notre patron nous réunissait un mardi soir par mois et à tour de rôle, on devait faire, c'était la fameuse séance de biblio. On espérait toujours que ça ne nous tombe pas dessus. Maintenant, moi, la veille bibliographique, c'est le matin au petit déjeuner.

En fait, vous avez plein d'outils d'IA. Alors, il y a deux façons de faire. Ou vous lui faites faire la bibliographie avec des prompteurs dans les agents, vous lui demandez tel truc et il vous fait toute la bibliographie. Ou alors les nouveaux articles, ce qui est très intéressant aussi. Vous prenez votre PDF, vous le mettez dans un agent, dans un agent IA, il vous fait un podcast.

Et moi, souvent, je me fais faire quatre, cinq podcasts. Et au petit déjeuner, le matin, dans mes oreillettes, il me le fait en français si j'ai envie, en anglais si je veux progresser en anglais. Là aussi, on a quelque chose de très efficace pour nous. Et dans la recherche, bien entendu, la bibliographie qui nous permet de gagner, mais un temps qui est inestimable. Autrefois, on mettait des semaines à faire des bibliographies. Aujourd'hui, l'IA, grâce à des prompts, nous permet de faire une bibliographie en dix minutes, un quart d'heure, On a le compte rendu de la bibliographie.

Ça nous sert aussi. Maintenant, on a des outils de rédaction assistée. C'est complètement dingue. On met le protocole dedans. Vous mettez votre protocole que vous avez écrit et il est capable déjà de vous faire une prépublication. Ça ne vous fait pas la publication totalement, mais cette fameuse peur de la page blanche comme vous pouvez tous savoir, et bien là, c'est encore une fois une aide assez précise. On a des nouvelles fonctions aussi. On est en train de travailler avec des jeunes polytechniciens maintenant, des sortes de Dark fantômes virtuels qui sont capables d'aller chercher les données dans le dossier source et de nous les transférer, bien sûr de façon anonymisée, dans le dossier IRF, et bien sûr capables de repartir à l'envers pour bien vérifier que telle donnée est bien arrivée là et compagnie.

Donc pour nous, c'est vrai que cette IA est extraordinaire parce qu'on a surtout un gain de temps, un gain de temps énorme qui nous repose. Elle change vraiment notre quotidien puisqu'on va avoir une exhaustivité du traitement des données, une veille scientifique qui va être optimisée en temps réel. Ce n'est plus comme avant, on disait : Tu me prépareras ça. Là, on peut dire que tous les soirs, si je mets ma veille pour le lendemain matin, j'ai mes données. Bien sûr, dans une rapidité d'analyse et de synthèse qui est inégalable, que nous, êtres humains, on ne peut pas, on ne peut pas faire. Tout ceci dans un filet, bien sûr, de sécurité cognitive, si on utilise bien entendu des outils appropriés à la médecine. Il faut faire attention quand même à tout ce qui est hallucination et ne pas s'engager dans une IA un peu n'importe comment.

Tout ça quand même a des limites et il faut une certaine vigilance parce que je pense qu'il faut quand même que le médecin garde la main. Je vous rappelle que l'empathie est plutôt due au médecin et pas, et l'IA n'en aura pas avec vous. Donc c'est à vous de garder le contact avec le médecin.

Attention, l'enjeu majeur de l'IA, pour moi, c'est quand même l'anonymisation des données. C'est obligatoire. Je vous rappelle qu'autrefois, on prêtait serment. On allait taire ce qu'on voyait chez les gens et ce qu'on entendait. Avec l'IA, c'est pareil, il faut tout taire et tout effacer.

Et puis, ne pas oublier que la responsabilité médicale incombera toujours au médecin. Et ça, je pense que c'est important. Ce n'est pas l'IA qu'on va accuser, même si vous faites aider, même si c'est une consultation augmentée, comme on aime le dire. Je pense que la responsabilité nous incombe à tous, médecins.

Dr. Néaume, merci beaucoup. Effectivement, vous bouclez la boucle de Stephane Ohayon au départ, qui appelait à plus de sérénité dans la consultation grâce à l'IA. C'est ce que vous nous dites aussi, c'est plus de sérénité pour la rédaction scientifique, pour ne rien oublier pendant la consultation, pour simplifier, je dirais, la recherche d'informations. Merci pour ces témoignages très complets.

à propos de cette vidéo

Orateur

Dr Benoît Lequeux / Dr Nicolas Néaume

Fonction

Cardiologue - Société Française de Cardiologie / Médecin vasculaire, Président de la Société Française de Phlébologie

Lieu

Poitiers / Toulouse

Durée

23MIN 08S

Htag

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