Cancer de la prostate

Cancer de la prostate : traitement de la maladie métastatique

Synthèse des recommandations françaises du Comité de Cancérologie de l’Association Française d’Urologie (AFU) - Actualisation 2024-2026 concernant la prise en charge du cancer de la prostate métastatique hormonosensible (CPHSm) et résistant à la castration (CPRCm).

Télécharger les recommandations AFU 2024-2026

Points clés

Le cancer de la prostate métastatique constitue une maladie hétérogène nécessitant une prise en charge personnalisée selon le contexte clinique, le volume tumoral et le statut de sensibilité à la castration.

  • La suppression androgénique (SAd) demeure le socle thérapeutique de la maladie métastatique.
  • L'intensification thérapeutique doit être discutée chez tout patient métastatique.
  • Une distinction doit être faite entre les situations métastatiques synchrones (de novo) et métachrones.
  • Le maintien de la suppression androgénique reste indispensable tout au long de l’évolution de la maladie.

Cancer de la prostate métastatique hormonosensible (CPHSm)

Définition

Maladie métastatique définie à partir de l’imagerie conventionnelle (scintigraphie osseuse et/ou scanner thoraco-abdomino-pelvien).

Suppression androgénique (SAd)

Objectif : obtenir un taux de testostérone inférieur à 50 ng/dL.

Réalisée par agonistes ou antagonistes de la LH-RH ou par castration chirurgicale.

Intensification thérapeutique

L’ajout d’une hormonothérapie de nouvelle génération (HTNG) est recommandé chez tout patient métastatique.

Recommandation CPHSm Grade
Instaurer une suppression androgénique immédiate et continue. Fort
Proposer une intensification systémique chez tout patient M1. Fort
Associer une HTNG à la suppression androgénique. Fort
La combinaison SAd + HTNG + docétaxel peut être proposée chez les patients éligibles à la chimiothérapie, notamment en cas de maladie métastatique de novo à haut volume. Fort
Une radiothérapie prostatique à visée curative peut être proposée en cas de maladie métastatique de faible volume. Fort
À retenir : la monothérapie par SAd n’est plus considérée comme le standard unique. Une intensification thérapeutique doit être discutée systématiquement.

Cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (CPRCm)

Le CPRCm est défini par une progression biochimique ou radiographique dans un contexte de castration efficace avec une testostéronémie inférieure à 50 ng/dL (1,7 nmol/L).

Progression biochimique

Trois augmentations successives du PSA aboutissant à deux hausses de 50 % au-dessus du nadir avec un PSA supérieur à 2 ng/mL.

Progression radiographique

Apparition d’au moins deux nouvelles lésions osseuses ou progression selon les critères RECIST.

Médecine personnalisée

Les altérations des gènes de réparation de l’ADN doivent être recherchées afin d’orienter les choix thérapeutiques.

Recommandation CPRCm Grade
Poursuivre la suppression androgénique. Fort
Initier un traitement par dénosumab avec supplémentation vitamino-calcique en présence de métastases osseuses. Fort
Réaliser un test génomique après progression sous HTNG afin d’identifier les altérations des gènes de réparation de l’ADN. Fort
Éviter l’enchaînement immédiat de deux lignes successives par HTNG en raison du risque de résistance croisée. Fort
En présence d’altérations BRCA1/2, un traitement par olaparib peut être proposé. Fort
La radiothérapie interne vectorisée au Lutétium-177 PSMA peut être envisagée chez certains patients prétraités. Fort

Options thérapeutiques ayant démontré un bénéfice en survie globale

Hormonothérapies

  • Abiratérone
  • Enzalutamide

Chimiothérapies

  • Docétaxel
  • Cabazitaxel

Thérapies ciblées et radiopharmaceutiques

  • Olaparib
  • Lutétium-177 PSMA
  • Radium-223
  • Sipuleucel-T

Contenu fourni par VIATRIS SANTE, RCS Lyon 399 295 385, 1 rue de Turin - 69007 Lyon, locataire gérant du fonds de commerce de Viatris Up. VIATRIS SANTE, 1 bis place de la Défense - Tour Trinity - 92400 Courbevoie, établissement secondaire exploitant - FR-NON-2026-XXXXX – Septembre 2026